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L'Organisation pour
la mise en valeur du fleuve Sénégal
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Historique
L'OMVS est l'aboutissement dun long processus de tentatives
pour la maîtrise et lexploitation rationnelle
des ressources du fleuve Sénégal et de sa vallée.
Cette entreprise remonte à la période Coloniale
avec, notamment :
- La création, en 1934, de la Mission dEtudes
et dAménagement du fleuve Sénégal
(MEAF),
- La création, en 1938, de la Mission dAménagement
du fleuve Sénégal ( MAS ),
- En 1959 la MAS devient un organe commun de mise en valeur
du fleuve au sevice des trois Etats autonomes,
- La création, en 1963, du Comité Inter-Etats
qui regroupait la Guinée, le Mali, la Mauritanie
et le Sénégal.
- La création de lOrganisation des États
Riverains du fleuve Sénégal en mars 1968 à
Labé (République de Guinée).
Comme indiqué ci-dessus, le cadre Institutionnel de
lOrganisation quest aujourdhui
lOMVS a connu bien des mutations avant 1972, date de
sa création et au cours de ses trois décennies
d'existence.
En effet, avec la sécheresse qui sest installée
depuis 1972/1973 et conscients du fait quaucune entité
de la sous - région considérée séparément
ne peut réussir un développement viable et durable,
les responsables des trois États riverains du fleuve
Sénégal, encouragés en cela par les diverses
tentatives de lancienne puissance coloniale, (notamment
avec les études effectuées par la MEAF et la
MAS), décidaient en 1972 dunir leurs efforts
dans le cadre de lOMVS pour un développement
Intégré et coordonné du bassin du fleuve
que partagent les trois Pays.
En outre, létendue du bassin versant de ce fleuve
(289 000 km2), les caractéristiques de son cours et
celles des sols quil arrose, des États quil
limite ou traverse et des populations qui vivent sur ses rives,
ont, depuis très longtemps suscité un intérêt
tout particulier et poussé lancienne puissance
coloniale tout comme les responsables actuels des États
riverains, à rechercher les moyens de maîtriser
et dutiliser à meilleur escient les énormes
quantités deau déversées dans locéan,
malgré un régime hydrologique très irrégulier,
presque sec la moitié de lannée.
Cest dans ce contexte que sinscrit la mission
assignée à lOMVS, à savoir :
- Réaliser lobjectif dautosuffisance
alimentaire pour les populations du bassin et, partant,
de la sous-région,
- Sécuriser et améliorer les revenus des populations
de la vallée,
- Préserver léquilibre des écosystèmes
dans la sous-région et plus particulièrement
dans le bassin.
- Réduire la vulnérabilité des économies
des Etats-Membres de lOrganisation face aux aléas
climatiques ainsi quaux facteurs externes.
- Accélérer le développement économique
des États-membres.
Cadre juridique
Les trois Etats ont signé quatre conventions qui constituent
les textes de base régissant les activités relatives
à l'aménagement du fleuve Sénégal
et à la mise en valeur des ressources que recèle
son bassin.
Convention portant création de l'OMVS
Signée le 11 mars 1972 à Nouakchott par les
Chefs d'Etat du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal,
cette convention définit les missions et les compétences
de l'organisation dont l'organe exécutif est le Haut-Commissariat.
Elle a été plusieurs fois amendée.
Convention relative au statut juridique du fleuve Sénégal
Elle a été signée le 11mars 1972. Par
cette convention, le fleuve Sénégal, y compris
ses affluents, est déclaré «cours deau
international » sur les territoires de la République
du Mali, de la République de Mauritanie et de la République
du Sénégal. Elle garantit la liberté
de navigation et l'égalité dans toutes les formes
dutilisation de l'eau du fleuve.
Cette liberté de circulation et cette égalité
de traitement s'appliquent aussi aux routes, chemins de fer
et canaux latéraux établis dans le but spécial
de suppléer le défaut de navigabilité
ou les imperfections de la voie fluviale sur certaines sections
du fleuve et de ses affluents.
Pour les besoins de l'exploitation du fleuve à des
fins agricoles ou industrielles, la convention consacre le
principe d'une approbation préalable, par les Etats
contractants, de tout projet susceptible de modifier
d'une manière sensible les caractéristiques
du fleuve.
Le 16 décembre 1975, un amendement à la convention
porte 10 à 99 ans le délai au terme duquel la
convention peut être dénoncée par l'un
quelconque des Etats contractants
Convention relative au statut juridique des Ouvrages communs
Elle a été signée le 21 décembre
1978 par les Chefs d'État et de Gouvernement du Mali,
de la Mauritanie et du Sénégal qui avaient décidé
depuis 1974 que les ouvrages d'intérêt commun
sur le fleuve Sénégal, appartiendraient en commun
aux Etats membres de l'OMVS.
Cette convention fixe le statut juridique des ouvrages dits
communs (notamment les conditions requises pour qu'un ouvrage
accède à ce statut, les conditions d'exécution
de ces ouvrages, le statut privilégié accordé
par les Etats aux ouvrages communs), définit les droits
et obligations des Etats copropriétaires ainsi que
les modalités de la création d'Agences de Gestion
des Ouvrages Communs.
Convention relative aux modalités de financement
des Ouvrages Communs
Signée le 12 mai 1982 à Bamako, cette convention
prévoit les modalités de financement du programme
de l'OMVS (contributions, emprunts, subventions), les mécanismes
de garanties aux prêteurs (cautions solidaires) et une
clé dimputation des coûts et charges qui
peut être réajustée chaque fois que de
besoin.
La clé générale actuellement en vigueur
est la suivante :
| Mauritanie |
22,60% |
| Sénégal |
42,10% |
| Mali |
35,30% |
Ces Conventions ont été complétées
par la Charte des Eaux du Fleuve Sénégal
adoptée en mai 2002, qui a pour objet de :
• fixer les principes et modalités
de la répartition des eaux entre les différents
secteurs d’utilisation ;
• définir les modalités d’examen
et d’approbation des nouveaux projets utilisateurs des
ressources en eau ;
• déterminer les règles relatives
à la préservation et à la protection
de l’environnement ;
• définir le cadre et les modalités
de participation des utilisateurs de l’eau dans la prise
des décisions de gestion des ressources du bassin.
Cette Charte, qui est un instrument juridique de portée
internationale, novateur et avant-gardiste, allie le droit
(principes, modalités et mécanismes de gestion
partagée) et opérationnalité par ses
annexes relatives à la modulation des choix optimaux
de gestion en fonction des possibilités effectives
et du comportement hydrologique du fleuve.
Aujourd’hui modernisé, l’arsenal juridique
crée le cadre idoine pour un développement équilibré
des activités tout en veillant au respect scrupuleux
de la préservation de l’Environnement.
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