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Perspectives, une nouvelle ère 
    

Le bilan de nos activités montre, nonobstant les difficultés rencontrées que notre organisation commune a franchi des pas positifs et dispose aujourd’hui d’un capital d’expérience inestimable dans le domaine des aménagements fluviaux à buts multiples.

Après la construction, commence le temps de la gestion caractérisé par la mise en application des dispositions de la charte des Eaux.

Les avancées positives enregistrées par notre organisation dans sa marche vers le progrès social et économique de nos pays doivent être consolidées par le balisage du chemin à parcourir au cours des prochaines années.

Dans ce cadre, la XIIIe conférence des chefs d’Etats et de gouvernement a adopté en mai 2003, la Déclaration Relative au cadre d’orientation stratégique pour l’OMVS dite de Nouakchott. Cette Déclaration, qui fait suite aux conférences internationales de Stockholm sur l’environnement, de Monterrey sur le financement du développement, du Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg, de l’initiative du Secrétariat Général des Nations Unies sur l’Eau, l’Energie, la Santé, l’Agriculture et la Biodiversité, du IIIe Forum Mondial de l’Eau du Kyoto, définit les principaux directeurs et objectifs stratégiques qui guideront l’action de l’OMVS .

Ainsi, notre organisation va inlassablement poursuivre ses efforts pour la réalisation des objectifs qui suivent :

  • Parachever le projet navigation qui constitue un volet prioritaire pour nos Etats, afin de créer les conditions optimales d’une croissance économique soutenue ;
  • Maîtriser, régulariser, sécuriser et diversifier la ressource en eaux pour répondre aux immenses besoins. Les efforts seront concentrés sur la réalisation des études de base et des travaux du barrage de Gourbassi. Ce barrage permettra d’augmenter la production hydroélectrique de 104 GWh/an ainsi que les ressources en eau en étiage, ce qui favoriserait l’accroissement des superficies irrigables dans la vallée. Il permet aussi de sécuriser les hauteurs d’eau pour une navigation permanente dans le fleuve ;
  • Accroître la production hydroélectrique pour créer un environnement favorable à la baisse maîtrisée des coûts de production avec la réalisation des ouvrages au fil de l’eau que sont Félou et Gouina. Ces projets complémentaires du projet énergie de Manantali permettront une production additionnelle 320 à 350 GWh/an pour Félou et 520 à 560 GWh/an pour Gouina. Les études sont terminées et la recherche de financement est en cours ;
  • Finaliser et mettre en œuvre le plan régional de promotion et de développement des activités Agro-Sylvo-pastorales afin de permettre d’assurer la sécurité alimentaire et la sauvegarde de nos ressources naturelles ;
  • Répondre rapidement à la demande dans le domaine de l’électrification. Après l’électrification du village de Manantali et la mise en œuvre de projet test d’électrification de 10 villages par Etat, un programme d’électrification rurale des principaux villages et agglomérations du bassin sera mis en œuvre afin de permettre aux populations du Bassin du fleuve Sénégal d’accéder à l’électricité.
  • Poursuivre et intensifier la mise en œuvre de programmes de micro subventions des activités génératrices de revenues afin de renforcer la dynamique de réduction de la pauvreté. La mise en œuvre d’un premier programme de microprojets de lutte contre la pauvreté qui a permis la sédimentation d’un capital d’expérience dans ce domaine, sera consolidé dans le cadre d’un programme plus général du GEF ;
  • Mettre en œuvre le Plan Sanitaire Régional grâce au financement obtenu de la BAD. L’objectif du plan est de contribuer à la réduction des taux de morbidité et de mortalité des affections induites par l’impact des barrages dans le bassin : paludisme (50%), Bilharzioses (50%), Maladies Diarrhéiques (40%), Malnutrition (60%) ;
  • Ouvrir des perspectives nouvelles aux programmes d’assainissement et d’alimentation en eau potable tout en veillant à l’amélioration des rendements et dessertes. La généralisation des projets pilotes de santé et l’élaboration d’un schéma de desserte en AEP des principales agglomérations du Bassin seront les priorités ;
  • Améliorer la qualité des eaux dans le souci d’assurer une meilleure qualité de vie et de santé publique. Un dispositif de veille sur la qualité de l’eau sera mis en place pour contrôler et surveiller le processus de pollution et de contamination des eaux ;
  • Renforcer les moyens de prévention et de gestion des risques hydrologiques majeurs y compris, le cas échéant, l’aménagement et l’exploitation des déversoirs latéraux contrôlés. Les études de base seront menées et les travaux réalisés ;
  • Sauvegarder et valoriser, restaurer et entretenir le cadre environnemental. Le plan d’alerte et de communication, l’Observatoire de l’Environnement et le GEF-OMVS seront les instruments opérationnels pour la réalisation de cette volonté. Ces instruments seront renforcés par la consolidation des cadres de gestion durable collectivement partagée de la ressource.

La réalisation de ces objectifs majeurs suppose la formulation des stratégies de gestion qui prennent en compte les menaces qui pèsent sur les ressources en eau (pénurie, accès, pollution), et la capacité de réponse à ces menaces. Dès lors une attention particulière sera accordée au développement de nos capacités de planification et des outils appropriés.

  • Un schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux sera élaboré en vue d’une gestion intégrée des ressources en eau et des écosystèmes ;
  • Un tableau de bord des besoins ressources en eau sera l’instrument de veille qui sera mise en place pour le suivi quantitatif et qualitatif de la ressource et des usages ;
  • L’Observatoire de l’Environnement sera consolidé ;
  • Les outils de gestion de la ressource constitués du réseau de suivi hydrologique, des logiciels informatiques de gestion et de simulation (Simulsen) et des manuels de gestion seront renforcés et consolidés.

La mise en œuvre de ces orientations requiert une amélioration continue de nos capacités opérationnelles tant en termes de qualité technique de nos ressources humaines que d’outils performants de gestion. A cet effet un accent particulier sera mis sur la formation des cadres du Haut-Commissariat.

Le développement de nos capacités suppose aussi la mobilisation et la participation de tous les segments statutaires et/ou consultatifs. Dans ce cadre, l’information, la communication avec les acteurs pour une gestion concertée de la ressource entre le secteur public, les collectivités locales, le secteur privé seront fortement développés à travers des canaux de concertation adaptés.

Enfin, l’OMVS s’efforcera de créer les conditions de la réintégration de la Guinée. La mise en œuvre du cadre inclusif permettra d’asseoir les bases techniques et juridiques de son adhésion.

En somme, il s’agira au cours des prochaines années de consolider et d’inscrire les acquis dans la durée et de rechercher inlassablement modernité, innovation et professionnalisme.

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