 |
|
CAM
|
|
 |
Espace
de Travail du Modèle CAM
LA RÉPARTITION DES COÛTS ET CHARGES
DES OUVRAGES COMMUNS DE L’OMVS
La question de la répartition des coûts et
charges s’est posée très tôt à l’OMVS qui, dans le cadre de
la mobilisation des financements indispensables à la réalisation
de son programme, devait, en plus des subventions, recourir
à des emprunts.
Dans ce cadre, les Etats - Membres ont marqué
leur volonté de contracter ces emprunts de façon conjointe
mais non solidaire (financièrement), pour ne pas aggraver
la situation d’endettement de chacun des Etats. Il était nécessaire,
dés lors, de disposer d’une clef de répartition permettant
de fixer la quote-part de chaque Etat-Membre pour les emprunts.
Avec l’appui de l’US-AID, l’OMVS a pu disposer
de l’assistance d’une équipe de l’Université d’Etat de Utah
(Utah State University/USU) qui avait acquis une expérience
dans ce domaine.
Cette assistance a permis l’élaboration d’un
modèle basé sur le méthode des « coûts séparables – Bénéfices
Restants » (SCRB).
L’ajustement de la méthode précédente a permis
d’obtenir une nouvelle variante appelée Méthode des « Coûts
Séparables Ajustés – Bénéfices Restants » (ASCRB) largement
préconisé par la Banque Mondiale pour la répartition des coûts
et charges des ouvrages communs de l’OMVS entre les services
et pays.
Les autres principes de bases et critères
de répartition sont fondés sur :
- L’utilisation de la méthode de l’accroissement
progressif des bénéfices nets (Bénéfices primaires nets) pour
l’estimation des bénéfices du secteur agricole ;
- L’utilisation de la méthode des ‘’coûts
de l’alternative la moins onéreuse’’ pour les autres services
(énergie, navigation, alimentation municipale et industrielle
en eau ) du fait de la disponibilité de données sur les coûts
des projets alternatifs à but unique existant dans les pays
de l’OMVS comme la production thermique d’énergie électrique,
le transport terrestre et l’alimentation en eau à partir des
nappes souterraines ;
- L’utilisation de l’approche ‘’classique’’
de la répartition des coûts et charges des ouvrages communs
de l’OMVS et d’une approche par barrage, en procédant à une
analyse comparative des deux approches.
Le processus de répartition des coûts et
charges des ouvrages communs de l’OMVS s’articule autour de
deux étapes fondamentales suivantes :
- L’imputation des coûts des ouvrages communs
(identifiés et chiffrés ci-dessus) aux services sur la base
de la méthode ‘’ ASCRB,’’ des ‘’Coûts Séparables Ajustés-Bénéfices
Restants’’
- L’imputation aux pays des coûts ainsi affectés
aux services (ou secteurs), selon la même méthode ‘’ASCRB,’’
conformément la démarche décidée par le Conseil des Ministres
lors de sa 31ème Session, ce qui constitue une
rupture avec la méthode précédemment suivi des ‘’taux d’utilisation
des services,’’ ne remplissant pas nécessairement le critère
d’efficacité économique.
La première étape exige une analyse préliminaire
des coûts aboutissant à leur classification en deux grandes
catégories distinctes :
- Les coûts séparables par services comprenant
les coûts spécifiques (coûts des inputs requis exclusivement
par le service) et les coûts imputables (coûts différentiels
résultant de l’addition de ce service à un projet dimensionné
exclusivement pour tous les autres services) ;
- Les coûts joints (ou liés) : correspondant
aux inputs communs requis par plusieurs services, ne pouvant
être imputés exclusivement à un service particulier et donc
obtenus par déduction des coûts séparables du total global
des coûts des ouvrages communs. Ainsi, les coûts imputés à
un service comprennent l’intégralité des coûts séparables
y afférents et une part des coûts joints dont la détermination
fait l’objet de l’application de la méthode ‘’ASCRB’’ en vue
d’assurer les critères d’efficacité économique et d’équité.
Le processus de calcul de la part des coûts
joints imputables à un service particulier est effectué, suivant
cette méthode, selon le schéma suivant :
La détermination des coûts justifiables constituant
une estimation des Bénéfices générés par le programme OMVS
(les ‘’bénéfices primaires nets’’ pour l’irrigation et les
coûts de l’alternative la moins onéreuse pour les autres secteurs
) ;
Le calcul d’un facteur d’ajustement correspondant
au ratio coûts justifiables des autres services divisés par
le coût total, permettant d’ajuster les coûts séparables des
services (par multiplication par ce facteur), en vue de tenir
compte de l’interaction entre les divers services (ou buts)
du programme de l’OMVS ;
La détermination des bénéfices restants ajustés,
pour chaque service, correspondant à la déduction des coûts
séparables ajustés des coûts justifiables (ici bénéfices) ;
L’imputation des coûts joints aux services,
proportionnellement aux Bénéfices restants ajustés, ce qui
résout le problème de détermination de la part des coûts joints
à imputer à chaque service.
Ainsi, les coûts imputés à chaque service
sont obtenus par addition de cette part des coûts joints qui
lui est imputée et des coûts séparables y afférents.
L’étape d’imputation des coûts et charges
aux services étant effectuée, la deuxième phase consiste à
affecter les coûts de chaque service aux pays, selon un processus
de calcul similaire, en retenant une classification et une
nomenclature identiques où le pays ‘’jouerait le rôle’’ du
service (ou secteur).
Les étapes en sont, pour chaque service :
La détermination des coûts séparables par
pays et donc des coûts joints, par déduction du coût total,
La détermination des coûts justifiables (et
notamment des bénéfices) par pays,
La détermination d’un facteur d’ajustement
servant à ajuster les coûts séparables par pays, en multipliant
par le ratio coûts justifiables des autres pays divisés par
le coûts total.
La détermination des ‘’bénéfices restants
ajustés’’ par pays.
L’imputation des coûts joints (du service)
aux pays, proportionnellement aux ‘’Bénéfices restants ajustés’’
par pays.
La détermination, pour chaque pays, pour
le service considéré, des coûts imputés par addition de la
part des coûts joints qui lui est imputée (pour ce service)
et des coûts séparables (pour le même service).
Cette analyse détaillée des coûts permet
d’obtenir la répartition des coûts et charges par service
et par pays selon la méthode ‘’ASCRB’’.
Sur cette base la première clef adoptée par
résolution n° 143/CM/SND du 6 mai 1981 du conseil des ministres
se présente comme suit :
|
PAYS
|
IRRIGATION |
ENERGIE
|
NAVIGATION
|
CLEF |
|
|
DIAMA+
Manantali%
|
DIAMA
|
Manantali%
|
Diama+ Manantali% |
|
MALI
MAURITANIE
SENEGAL
|
11,59
31,74
56,67
|
56,45
0,00
43,55
|
79,81
3,39,
16,80
|
36,95
16,69
46,36
|
En 1986, suite à la Résolution n° 188/CM/MN/N
du 16 octobre 1985 du Conseil des Ministres modifiant la
répartition du productible de la Centrale de Manantali entre
les Etats – Membres, une nouvelle clef fut adoptée par la
Résolution n° 197/CM/SN/D du 18 décembre 1986.Cette clef,
actuellement en vigueur, se présente comme suit :
|
PAYS
|
IRRIGATION |
ENERGIE
|
NAVIGATION
|
CLEF |
|
|
DIAMA+
Manantali%
|
DIAMA
|
Manantali%
|
Diama+ Manantali% |
|
MALI
MAURITANIE
SENEGAL
|
11
31
58
|
52
15
33
|
81
11,68
6,59
|
35,3
22,6
42,1
|
Pour tenir compte de l’évolution du contexte
économique au niveau du bassin et des Etats – membres ainsi
que du programme d’infrastructure régional de l’OMVS une réactualisation
de cette clef a été engagé.
Les options essentielles ont été fixé par
la 31ème Session du Conseil des Ministres pour
tenir compte des inputs de volet navigation. Les données pour
les volets irrigation (potentiel) l’énergie (clef de répartition
de la résolution 188) et l’alimentation en eau étant déjà
validée.
|