Prochaine réunion du Conseil des Ministres de l’OMVS : un point spécial sera consacré à l’orpaillage dans la Falémé

Le Haut-commissaire de l’OMVS, Monsieur Hamed Diane SEMEGA a fait cette annonce ce matin lors d’une audience qu’il a accordée au Comité de Veille et d’Alerte de la Falémé, une association mixte composée de membres sénégalo-maliens établis de part et d’autre de la frontière commune entre ces deux pays. La délégation a été conduite par l’ancien Député-Maire de la commune de Kidira, Monsieur Mamadou Diallo pour échanger avec le Haut-commissaire de l’OMVS sur les menaces liées à la pollution de la Falémé, par ailleurs mamelle nourricière du fleuve Sénégal.

Dès l’entame des discussions, Monsieur Diallo a dépeint une situation chaotique de la Falémé qui agonise du fait de l’orpaillage artisanal. « La Falémé est un écosystème particulier. Il est à la base de l’économie locale des villages environnants mais elle est aujourd’hui menacée », lance-t-il. « Tous les secteurs d’activités sont aujourd’hui menacés. Qu’il s’agisse de la pêche, l’agriculture, l’élevage et même la santé. Tout est en danger de mort, renchérit-il ». Le Comité veut dès lors jouer sa partition pour la sauvegarde de la Falémé et entend collaborer d’ores et déjà avec l’OMVS pour sensibiliser davantage les populations riveraines sur ce phénomène. Pour y arriver, il fait appel aux forces de défense et de sécurité des deux pays (Mali et Sénégal) pour mener ensemble des actions concertées et coordonnées afin d’endiguer ce phénomène.

Opa Guiro, membre actif de la société civile, abonde dans le même sens et pense que les activités de veille ne doivent pas être ponctuelles mais elles doivent être inscrites dans la durée. Il propose dès lors de substituer cette activité d’orpaillage par des projets de développement qui vont créer de la richesse pour les populations riveraines et les inciter également à rompre avec cette activité néfaste aussi bien pour l’homme que pour l’environnement. Les membres du Comité ont plaidé également pour que la problématique de la Falémé soit inscrite en ordre de priorité parmi les programmes de l’OMVS. Ils ont sollicité également l’appui du Haut-commissariat de l’OMVS pour l’acquisition de moyens de locomotion (motocyclettes, vedette ou pirogue) afin de pouvoir se déplacer plus facilement pour des actions de sensibilisation ou d’autres.

A l’issue d’un tour de table qui a duré plus d’une heure, le Haut-commissaire s’est réjoui de cette rencontre et a appelé cette association à faire de la Falémé une urgence. Selon lui, le fleuve Sénégal est un facteur de paix mais la montée en puissance de l’orpaillage artisanal ainsi que les activités connexes qui se déroulent actuellement sur la Falémé menacent cette paix et cette cohésion sociale. C’est pourquoi un programme d’activités devra être élaboré de concert avec les populations riveraines pour lutter ensemble contre ce phénomène, a-t-il indiqué. Il a informé par ailleurs qu’une étude de caractérisation du milieu est en cours de réalisation en collaboration avec l’Agence française de développement pour ensuite essayer d’élaborer un projet dédié à ce phénomène.

En outre, le Haut-commissaire a saisi l’occasion pour annoncer que le 3ème Projet de gestion intégrée des ressources en eau (PGIRE 3) qui est en cours d’élaboration devra être consacré essentiellement sur la raison d’être de l’OMVS c’est-à-dire la protection des ressources en eau. Il a fini par saluer l’engagement citoyen du Comité de Veille et d’Alerte sur la Falémé et prévoit d’organiser une rencontre avec les populations riveraines pour les sensibiliser davantage sur ce fléau que constitue l’orpaillage artisanal.