Moctar Fall, secrétaire administratif et financier de la Codesen

Depuis 15 ans, la Codesen (Coordination des organisations de la société civile pour la défense de l'environnement et le développement du bassin du fleuve Sénégal) œuvre aux cotés de l’Omvs pour aider les 7 départements sénégalais du bassin à profiter des retombées du barrage de Diama. D’ailleurs le secrétaire administratif et financier a été copté pour siéger dans le comité de bassin du fleuve Sénégal. A cœur ouvert, il a bien voulu répondre à nos questions.

Quelles sont les missions et les principaux résultats de la Codesen ?

La Codesen a été créée lorsque nous avons été informés que l’Omvs a obtenu un financement pour la réalisation de la ligne haute tension destinée à desservir le barrage de Manantali. Nous nous sommes aussitôt regroupés, les ONG du Sénégal, pour mettre en place un dispositif qui nous permet de suivre l’évolution de la situation et veiller aux intérêts des populations surtout les plus vulnérables. Ainsi nous nous sommes rapprochés alors de l’Omvs pour participer au Programme d’atténuation et de suivi des impacts sur l’environnement (PASIE), et nous avons demandé à intégrer le comité en charge du tracé de la ligne haute tension pour que les populations ne soient pas lésées. On est allé dans les 4 pays sensibiliser les autorités de l’Omvs pour que les populations déplacées soient indemnisées à hauteur de leurs investissements. Depuis 15 ans, l’Omvs nous associe à tout ce qu’elle fait. Nous avons par exemple été impliqués dans les toutes les phases du projet GEF.

Quelle est la situation actuelle du bassin du fleuve Sénégal ?

Le bassin du fleuve Sénégal a participé à la revalorisation de l’agriculture dans les pays de l’Omvs. Au Sénégal, nous avions l’eau salée qui remontait. Cela nous empêchait de faire l’agriculture pendant la période de remontée de l’eau salée. Depuis qu’on a installé le barrage, nous avons la possibilité de faire une double culture c'est-à-dire la contre saison chaude et la culture d’hivernage. Ne serait que pour ça, l’importance de ce barrage est capitale. Avec les nouveaux projets comme le PGIRE, il y a l’installation de la délégation de la Saed au niveau Dagana. Des aménagements ont été réalisés parce que cette zone avait des problèmes pour l’approvisionnement correct en eau mais le PGIRE est venu régler cette question avec des pistes qui nous permettent de circuler librement. Les problèmes d’eau appartiennent au passé maintenant. Nous avons aussi sensibilisé l’Omvs sur les villages impactés par la remontée d’eau, nous avons joué notre partition pour que les villages soient dédommagés.

Vous suivez donc depuis des nombreuses années l’intervention, quelles sont les limites ?

Ce qui reste à faire, c’est des infrastructures routières pour permettre à la forte production rizicole dans le delta de sortir afin d’en faciliter la transformation.

Quels sont les problèmes actuels dans le bassin que l’Omvs pourrait aider à résoudre ?

L’omvs pourrait nous régler un problème crucial. Mais ce sera dans le cadre du Système Intégré de Transport Multimodal, car des ports secondaires sont prévus dans le volet navigation. La navigation serait une bouée de sauvetage qui nous permettrait avec des ports secondaires d’acheminer, par exemple, l’engrais au niveau de tous les villages qui sont au bord du fleuve. Vivement ce projet parce qu’on a de vrais problèmes d’approvisionnement en intrants pour l’agriculture.

Vous avez été copté pour représenter la Codesen au sein du comité de bassin du fleuve Sénégal. Quelles sont les attentes ?

Il faut que la société civile soit présente pour jouer son rôle de veille. Les populations doivent mieux récolter les retombées du barrage. Le comité de bassin est mis en place pour que la base puisse informer le conseil de ministre de l’Omvs sur les grandes questions notamment les aménagements hydro-agricoles. Nous allons proposer au conseil des ministres des solutions pour le paiement des redevances liées aux prélèvements d’eau, afin que les populations qui n’ont pas une grande bourse puissent s’y retrouver. Nous allons dire à l’Omvs le chemin à prendre si vous voulez que les populations à la base ne considèrent pas l’Organisation comme une Omvs des Etats mais une Omvs des peuples.

Comment vous voyez l’avenir du bassin ?

L’avenir est radieux.  On ne peut pas faire une agriculture sans la maitrise de l’eau, or l’eau est désormais disponible. Aujourd’hui le Sénégal a un besoin qui est de régler son alimentation sans dépendre de l’importation. Même les pays d’importation sont confrontés à des problèmes d’inondation, de qualité de semences. Alors qu’au Sénégal, nous avons le meilleur rendement au monde en ce qui concerne la production rizicole par hectare. Nous avons un challenge à savoir : investir davantage dans les populations les plus pauvres et les plus vulnérables dans le bassin pour que notre agriculture puisse voler de ses propres ailes.

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